L’Église s’oppose à l’euthanasie et à toute forme de mort provoquée, non par dureté de cœur, mais par fidélité à l’homme. Elle croit que la vie humaine, même fragile, même marquée par la souffrance, demeure un bien à accueillir et à accompagner. Provoquer la mort, même au nom de la compassion, revient à répondre au mal par un autre mal. Or saint Paul nous invite à une autre voie : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12,21).
Ce bien, l’Église le reconnaît dans les soins palliatifs, qui soulagent la douleur sans supprimer la personne. Ils permettent de respecter la dignité du malade jusqu’au bout, en l’entourant de présence, d’écoute et de soins adaptés. Là où l’euthanasie met fin à une vie, les soins palliatifs affirment que cette vie compte encore. L’Évangile nous rappelle que toute existence a du prix aux yeux de Dieu : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25,36).
Choisir d’accompagner plutôt que de faire mourir, c’est refuser l’abandon sous couvert de liberté.
C’est croire que l’amour, la solidarité et la médecine peuvent encore dire quelque chose face à la souffrance. L’Église affirme ainsi que la vraie compassion ne supprime pas celui qui souffre, mais combat la souffrance elle-même, en faisant advenir le bien jusqu’au dernier instant.
P. Philippe Le Bigot
