Loi Euthanasie : une confusion intellectuelle, l’absence de véritable éthique et du bien commun.

UN ACTE INTRINSEQUEMENT MAUVAIS.

Les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement mauvais en un acte subjectivement bon ou défendable comme choix. C’est ce que rappelle avec force saint Jean-Paul II dans Veritatis Splendor : « Les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement mauvais en un acte subjectivement bon ou défendable comme choix » (n° 81).

Cette conviction trouve son fondement dans l’Écriture : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal » (Isaïe 5,20). Ce verset rappelle que le premier devoir d’une société est de ne jamais inverser les repères fondamentaux du bien et du mal, même sous la pression de situations humaines particulièrement éprouvantes.

C’est peut-être là, à mes yeux, la principale limite d’un raisonnement qui part de la compassion envers des personnes confrontées à des situations tragiques pour aboutir à l’institution d’un principe juridique qui engage toute la société.

Car une loi n’a pas seulement pour fonction de répondre à des drames individuels. Elle a aussi pour mission de protéger le bien commun, en particulier les plus fragiles, et de préserver les repères fondamentaux qui fondent notre vie en société.

La compassion est évidemment indispensable face à la souffrance. Elle doit nous conduire à accompagner, à soutenir et à ne jamais abandonner ceux qui traversent les situations les plus éprouvantes. Mais précisément parce qu’une société est appelée à protéger les plus vulnérables, elle ne peut se contenter de traduire juridiquement toutes les situations individuelles, aussi tragiques soient-elles. Elle doit aussi s’interroger sur les principes qu’elle inscrit dans le droit et sur la conception de l’homme qu’elle transmet ainsi aux générations futures.

C’est pourquoi la distinction entre le bien et le mal ne peut être simplement renversée au gré des circonstances. Lorsque le droit vient à qualifier comme légitime ce qui était jusque-là considéré comme intrinsèquement mauvais, ce n’est pas seulement une réponse à des situations particulières : c’est un changement de repère pour l’ensemble de la société.

La question n’est donc pas de nier la souffrance de ceux qui sont confrontés à des situations tragiques. Elle est de savoir si, au nom même de la compassion que nous leur devons, nous voulons faire de cette souffrance le fondement d’un principe juridique nouveau, avec toutes les conséquences que celui-ci peut entraîner pour les plus fragiles.

Le bien commun exige davantage qu’une réponse aux drames individuels. Il demande de tenir ensemble la compassion pour les personnes, la protection des plus vulnérables et la fidélité aux repères fondamentaux qui permettent à une société de discerner le bien du mal.

Car une société ne se grandit pas lorsqu’elle cesse de nommer le mal comme mal. Elle se grandit lorsqu’elle sait accompagner la souffrance sans pour autant renoncer aux principes qui fondent la dignité de toute personne humaine.